lundi 29 octobre 2007

Première lasagne allemande

Luca étant revenu de son périple italien (mais sans la fabuleuse Fiat Dune des années '80), nous en avons profité pour faire coup sur coup deux soupers entre amis... Un souper italien jeudi soir, avec des amis italiens, des farfalle panna e tonno, du sangiovese, des crêpes au sirop (c'est pas italien, mais c'est très très bon ;^p) et une discussion de trois/quatre heures sur la religion (nous avons des amis chrétiens, des vrais de vrais)- la soirée s'est terminée si tard qu'un de nos convives a manqué le dernier métro et a dû dormir sur notre sofa!

Enfin!

Et puis, samedi, première sauce bolognese, première lasagne en compagnie de JF - qui avait d'ailleurs apporté un excellent vin franconien pour l'apéro - et fin de soirée en explosions atomiques avec le Dr. Strangelove.

Deux hommes prêts à passer à l'attaque...

Cette semaine s'annonce plus ardue toutefois: je donne mon premier cours demain (finalement, je sais c'est quand/où!), je dois faire une présentation sur mes résultats vendredi et je pars pour le CERN la semaine prochaine... Ouf! Une chance qu'on a un jour férié jeudi ;^D (encore!).

Le souper (dîner, en France!): das Abendessen

vendredi 19 octobre 2007

L'Allemagne: verte?

C'est une question que je me pose depuis que je suis arrivée... J'avais en effet remarqué:
  • que je devais séparer mes ordures en 6, dont 5 bacs de recyclage: verre, plastique (dont le styromousse!) , papier, métal et... organique (vive le compost municipal!)
  • que les petits sacs de plastique ne sont pas automatiquement distribués avec achat ni nécessairement gratuits: la plupart des gens ont leurs sacs réutilisables
  • que la plupart des bouteilles (eau, jus, bière, ...) sont fortement consignées (10 à 25 cents) et que de nombreuses bouteilles sont en verre, ce qui permet leur ré-utilisation après lavage au lieu d'une refonte
  • qu'il y a une grande diversité/offre de produits bio dans les épiceries normales à des prix compétitifs (des produits laitiers à la bouffe pour chat!): les épiceries ont souvent leur marque maison bio
  • qu'on voit une éolienne de notre balcon (notez que je remarque vraiment des choses subtiles!)
Par contre, la grande majorité de l'électricité est produite au charbon ou par fission... Mais il y a de l'espoir! De un, les 19 centrales nucléaires allemandes vont être fermées d'ici 2020 (loi votée en 2000 par une coalition gouvernementale comprenant le parti vert) et remplacées par des énergies alternatives. De deux, nous avons aussi pu opter pour une option propre de notre compagnie: électricité garantie de source hydrolique, éolienne, solaire, biomassique ou géothermique.

Les Allemands consomment aussi beaucoup moins d'électricité que les Canadiens, champions toutes catégories! Mais les Allemands restent les plus grands consommateurs de pétrole en Europe et viennent en 4e place mondiale, après les États-Unis, le Japon (!) et la Chine. Les Allemands vouent un culte à l'automobile (ce sera d'ailleurs le sujet de ma prochaine chronique de Faits étonnants). De plus, beaucoup de maisons se chauffent encore au charbon!
















































En 2003AllemagneCanadaItalieÉtats-Unis
Population82 476 00031 510 00057 423 000294 043 000
kWh/habitant/an6200 16500530012400
Thermo
62%27%82%71%
Hydro4% 58%14%7%
Géo/Éol/Sol/Bio6%2%4%2%
Nucléaire28%13%0%20%

Conclusion? Hmm, je pense que c'est mitigé.

Le courant électrique: der Strom

dimanche 14 octobre 2007

L'automne en Bavière

Petit tour dans les pré-Alpes dimanche dernier (près de Schliersee - à ~100 km au sud de Munich), afin de voir à quoi ressemble la forêt d'ici en automne. Moins de couleurs qu'au Québec - on s'y attendait! - mais tout de même très agréable!

Un endroit pas touristique, plein de vrais bavarois avec leur chapeau traditionnel, des petits villages entassés sur le bord des lacs, une odeur d'air frais qui picote les narines et qui rend heureux: une belle journée, quoi !


Près du sommet, une petite cabane en bois nous attendait, où la plupart des randonneurs semblent s'arrêter... pour boire une bière. Sacrée Bavière va!


Autres nouvelles en bref, dans le désordre:
  • Je devrais enseigner cette session (la mécanique). Or, la session commence demain et je n'ai toujours pas de nouvelles: quand ? Comment? Où?
  • Luca est en Italie pour de la paperasse (demande de financement)... Croisons-nous les doigts!
  • Il va sûrement ramener plein de choses délicieuses :-D
  • Notre appartement est maintenant vert et minou est contente: plein de nouvelles petites feuilles à croquer!
  • C'est officiel! Je suis au Québec du 19 décembre au 3 janvier!
L'automne: der Herbst

mardi 9 octobre 2007

Tchi-ching!

En ouvrant la boîte à lettres hier, une surprise m'attendait. C'était la GEZ. Je dois leur payer 17 euros par mois.

Pourquoi?

J'ai une radio. Et j'ai aussi depuis peu succombé à mes désirs cinématographiques en achetant une télé et un dvd seconde main. Et j'ai un ordinateur avec accès à internet. En Allemagne, l'information se paie à la pièce.

Oui, oui, au Kénéda aussi, via les impôts - il n'y a rien de gratuit, non? Et certaines personnes trouveront peut-être plus juste que ceux qui regardent la télé la paient*.

Mais la radio?

Et il faut déclarer: oui/non, j'ai un réveil-matin qui peut jouer la radio, oui/non, j'ai une radio dans ma voiture, oui/non j'ai une radio au travail ! Et ils inspectent!

Je trouve ça malsain, moi, que le moyen le plus cheap de communication globale en cas d'incident/de panne/d'élections doive être payé de facon individuelle. Il me semble que certaines informations devraient être gratuites, i.e. payées par l'ensemble de la communauté, afin que les plus pauvres ne se posent pas la question: pain ou politique? Bref, il me semble que la radio est un service essentiel.

Qu'en pensez-vous???

* Au fait, j'ai entendu dire que la télé hertzienne disparaîtrait d'ici quelques années (5?) au Canada, i.e. qu'il ne serait plus possible de ne PAS avoir le câble/satellite. En d'autres termes, il faudrait absolument faire appel à une compagnie et payer pour regarder la télé.

La télévision / la radio: das Fernsehen / das Radio

samedi 6 octobre 2007

Regensburg / Ratisbonne


Petite pause sur la folie de la plus grande fête foraine du monde, retour au tourisme... Dimanche dernier, nous sommes allés à 100 km au nord-est de Munich visiter Regensburg (Ratisbonne), dont la vieille ville est classée patrimoine mondial de l'UNESCO - et il est facile de comprendre pourquoi!


La ville a été épargnée pendant la seconde guerre mondiale (alors que les villes de Munich et Berlin ont été démolies à environ 70 et 99%, respectivement!); le point d'attraction central est le pont médiéval en pierre (Steinerne Brücke) construit au XIIe siècle et qui enjambe sur 300 mètres le Danube pour mener près de la cathédrale gothique. Les rues sont en vieux pavés, les maisons, de toutes les couleurs, des tours et des sculptures poussent un peu partout - et c'est sans parler de l'odeur de saucisses fraîches qui émane de la cheminée d'une fabrique de charcuteries qui date de la même époque que le pont!

On n'a pas pu résister... Saucisses, choucroute, bière et un coucher de soleil sur le Danube...
La saucisse (grillée): die Bratwurst

mercredi 3 octobre 2007

L'Oktoberfest... en chiffres

L'Oktoberfest, appelé couramment le wies'n entre Bavarois, a été fêté pour la première fois en 1810 en l'honneur du mariage entre Ludwig I et Thérèse de Bavière (pour cette raison, la place de l'Oktoberfest se nomme le Theresenwiese)

  • Il a été annulé 24 fois dans l'histoire en raison de la guerre ou du choléra par exemple
  • Il commence maintenant généralement 16 jours avant le premier dimanche d'octobre
  • 14 tentes (immenses!!!) sont montées pour l'occasion par les 6 brasseurs de Munich autorisés à y vendre de la bière (Paulaner, Augustiner, Pschorr, Löwenbräu, Hofbräu et Spaten)
  • Plus de 6.5 millions de personnes sont attendues cette année
  • 1600 serveurs y travaillent (qui transportent habituellement environ 10 litres de bière d'un coup!)
Une serveuse venant d'apporter 8 litres de bière
  • Il y a 100000 places assises (la bière n'est en principe servie qu'aux gens assis)
  • Il est très difficile d'avoir une place assise le soir dans une tente sans réservation (les réservations commencent en mars, soit environ 7 mois avant!), mais il y a aussi des places assises dans des biergarten autour des tentes
  • Plus de 6 millions de litres de bière sont bus
  • Plus de 400000 saussices et 500000 poulets rôtis sont mangés (le poulet rôti d'ici est d'ailleurs excellent, miam miam!)
  • Toute cette folie engendre 1000 tonnes de déchets
  • Toute cette bière nécessite l'installation de plus de 2000 toilettes (et encore, j'ai attendu en file!) et d'urinoirs géants
Le poulet rôti: das Brathendl (en Bavière) ou das Brathähnchen (ailleurs)

mercredi 26 septembre 2007

La confiance

Je me devais de remédier à la pénurie de chroniques de type Faits étonnants: pour reprendre le rythme, en voici donc une boulimique, pleine de tirets, de parenthèses et de digressions - bref une rubrique pleine de phrases qui n'en finissent pas (des phrases à la Marcel Pet - mais avec moins de vocabulaire! -, cet auteur encensé par la critique et déjà mentionné dans la chronique Harry et moi).


Bref: la confiance. Pour se mettre en contexte, il suffit de se reporter quelques semaines en arrière, à une époque où je ne pouvais encore goûter aux plaisirs de la connection internet qu'au bureau, et encore seulement furtivement - entre deux simulations par exemple, ou durant la pause du dîner au risque de projeter des miettes de pain partout à l'intérieur du clavier. J'attendais impatiemment mon modem. Un de ces matins, donc, un postier allemand bien intentionné arrivait rue Carl-Orff-Bogen avec un paquet à la main. On se l'imagine marchant d'un bon pas, ralentissant graduellement en arrivant sur le perron, le doigt se dépliant promptement et se tendant vers la sonnette, mû par l'automatisme du livreur. Quand, soudain, "Scheiße! Die Klingel ist defekt!" - on se rappelera que c'est un postier allemand - ou en d'autres termes: "Ventre-saint-gris! La sonnette est défectueuse!" (notez au passage l'originalité des interjections allemandes). Que faire? Le problème semble insoluble, mais notre postier est plein de ressources et trouve bientôt la meilleure solution, qu'il exécute sans plus attendre. Son rôle dans l'histoire maintenant terminé, on peut à présent se l'imaginer guilleret et disparaissant peu à peu dans une pénombre grandissante. C'est fait?

Plan suivant: j'arrive du travail et je trouve un petit papier dans la porte. On se rappelle que j'attends un modem. Le papier est évidemment du charabia pour moi, mais je parviens à isoler le mot Paket, ce qui me procure un petit frissonnement de joie intérieure qui survient chaque fois que je comprends un mot nouveau dans le foisonnement dénué de sens que forment les lettres environnantes. Habituée aux idées québécoises, je comprends qu'après une première tentative ratée, le colis devrait m'être livré dans les prochains jours. Mais un jour passe, puis deux, ... Rien. Je prends alors une grave décision, celle de m'initier en allemand à un sport que je n'aime déjà pas pratiquer en français: le service à la clientèle. Je téléphone donc. Surprise! Pas de messages publicitaires en boucle, pas de reprises langoureuses au saxophone de vieux succès de la pop, seulement un "Hallo?"... Et blablabla, je n'ai pas reçu le Paket, et blablabla, mais si, nous avons remis votre Paket, et blablabla, mais à qui, je ne l'ai pas reçu, et blablabla, à un de vos voisins. "Pardon??? Vous avez donné mon Paket à un inconnu?" "Genau".

J'ouvre ici une parenthèse sur le mot "Genau", qui signifie "Exactement": c'est le premier mot que j'ai réussi à isoler du discours allemand; il est tellement utilisé! Je me promenais et tout ce que j'entendais, c'était: "Genau". Dans le parc, "Genau". À l'épicerie, "Genau". Dans les toilettes publiques, "Genau". J'avais la même sensation que doit ressentir John Malkovich lorsqu'il entre dans sa propre tête dans le film "Being John Malkovich", si vous voyez ce que je veux dire. Fin de la parenthèse.

Donc, nous sommes au téléphone. On a remis mon colis à un étranger. Il semble que ce soit tout à fait normal! Après avoir demandé le nom de l'étranger en question et avoir abusé du temps (et des ressources linguistiques!) de certaines personnes sympathiques de notre immeuble, nous avons enfin trouvé Monsieur X et le colis. Pas dans un appartement sur le même étage que le nôtre. En fait, même pas dans le même immeuble. Quelque part, sur notre rue. Le colis était intact.

Ici, les gens semblent se faire confiance. J'ai vu des (belles) bicyclettes sans cadenas. On entre, comme ailleurs en Europe d'ailleurs, dans le métro et l'autobus librement - les billets doivent être achetés à l'avance (je n'ai vu des contrôleurs qu'une fois). Est-ce que ça serait possible à Montréal?
La confiance: das Vertrauen

depuis le 27.09.2007

D'où venez-vous cette semaine?

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